Faux et usage de faux

La tradition du faux est aussi implantée en Belgique que celle de la frite ou du rollmops. Au siècle des Lumières, la contrefaçon des grands auteurs français, Voltaire, Beaumarchais ou les Encyclopédistes, a fait la richesse des imprimeurs de la principauté de Liège ou de Bouillon, véritables ancêtres des pirates de l’Internet.

À Bruxelles, ce sont les architectes qui ont usé et abusé du faux. La Grand Place est vendue aux touristes comme une merveille du moyen âge ; le palais de justice, faux temple babylonien, ou l’église Sainte Catherine, soi-disant monument gothico-renaissance, ont été  façonnés par le plus schieve des architekts, Joseph Poelaert il y a moins de cent cinquante ans. Même le roi Léopold II est accusé d’avoir vendu aux musées royaux des faux tableaux de maître avant que Mariën et selon ses dires, son ami Magritte, ne confectionnent et vendent de faux Chirico ou Max Ernst.

La campagne électorale renoue avec cette heureuse tradition bien de chez nous.

Ainsi, du confédéralisme. Se servant de cette même notion juridiquement floue et incompréhensible de tous, libéraux flamands et nationalistes de la N-VA se disputent sa paternité tandis que le CD&V qui s’en était servi dans le passé pour faire semblant d’avoir un programme institutionnel ne sait plus comment s’en débarrasser, tel le sparadrap du capitaine Haddock. Même Philippe Moureaux avait brandi la formule, croyant faire ainsi ami-ami avec les Flamands, avant de se rendre compte que dans confédéralisme, seule la première syllabe a un sens.

Le confédéralisme veut tout dire et son contraire : indépendance pour les uns, simple fédéralisme pour les autres (telle la « confédération suisse » qui n’en est pas une !) : c’est surtout un slogan creux, lancé à la tête des uns et des autres comme des tartes à la crème dans un film de Laurel et Hardy.

Les promesses socio-économiques des partis politiques ont aussi l’air d’avoir été écrites par Pinocchio dans sa période long nez. Promettre une « réduction d’impôts » paraît en ces jours de détresse budgétaire aussi crédible que d’annoncer le lancement d’un produit qui assure aux chauves le retour des cheveux. Mais promettre pour demain « la vie et les soins de santé moins chers » est aussi crédible qu’affirmer comme le ministre des Pensions démissionnaire que l’on ne touchera ni à l’âge ni aux conditions de votre pension. Aucun de ces engagements n’est vrai. Mais laissons les uns et les autres s’accuser mutuellement que son programme  conduit le pays tout droit « à une situation à la grecque ». Des temples babyloniens aux temples grecs, on connaît la chanson…

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