Focus BD (4) : Un homme de joie


Qu’est-ce qui fait qu’une BD sort du lot parmi les dizaines publiées chaque mois? Son dessin et son scénario, bien sûr, mais ce n’est pas suffisant car il existe une pléthore de dessinateurs et de scénaristes de grand talent. Il faut alors quelque chose en plus, une histoire forte et originale, mettant en scène une réalité jamais (c’est rare) ou tout au moins peu exposée dans la bande dessinée. Tout cela pour dire que cette nouvelle série, Un homme de joie, dont vient de paraître le premier des deux tomes, est extrêmement encourageante.

C’est pour fuir la famine délibérément provoquée par Staline en Ukraine en 1932 que Sacha débarque à Ellis Island. Les formalités remplies, il met les pieds sur le pavé new-yorkais où ne l’attend pas vraiment un lointain cousin. Qui ne peut l’héberger dans son minuscule logement où il se tasse déjà avec sa femme et ses enfants. Le nouvel arrivant trouve alors une chambre dans le grenier d’une demeure gardée par un l’ancien serviteur de la défunte propriétaire, une vaste maison seulement habitée… par des chiens, qu’il promène chaque soir, ce qui lui permet de s’aventurer dans les différents quartiers de la cité. C’est au cours de l’une de ses promenades qu’il rencontre un homme qui lui trouve du travail. Le voilà au sommet de l’un de ces multiples gratte-ciels en construction qui parsèment la ville. Tout en rendant quelques services lui permettant d’améliorer son maigre salaire. La peinture de la métropole américaine en cette période de grande dépression est très réussie, servie par un dessin semi-réaliste aux tons sombres qui plonge le lecteur dans ce monde aux contours incertains.

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