Georges Perec, roman inédit et hommage vestimentaire


Dans Grâces leurs soient rendues, la merveilleuse galerie de portraits d’écrivains qu’il a eus le privilège de croiser, Maurice Nadeau se souvient de Georges Perec comme d’un «étudiant rougissant» qui, sans avoir «la plume facile», signe vers 1957, avant de partir au service miliaire – chez les parachutistes! -, quelques articles sur des livres ou films aimés dans sa revue Les Lettres Nouvelles. Et c’est dans la collection du même nom qu’il dirige chez Julliard que paraît, fin 1965, Les Choses qui obtient le Renaudot.


Le même Burgelin introduit L’Attentat de Sarajevo, le deuxième roman de Perec écrit l’automne 1957, juste avant son départ pour le service militaire, et refusé, avec les «formes», par le Seuil et par Maurice Nadeau qui lui suggère de le retravailler.

C’est cet amour déçu, doublé d’une envie de meurtre (tout au moins symbolique) de l’ami (de lui)/amant (d’elle), qu’il raconte dans ce roman dont le style enlevé ne dissimule pas le côté sombre. Un roman profondément introspectif, le narrateur (que Burgelin compare à Hamlet) ne cessant de s’interroger sur lui-même, sur ses sentiments, ses réactions, ses silences, ses désirs profonds, ses maladresses, etc. En alternance, Perec raconte dans le détail l’autre attentat de Sarajevo, le vrai, celui qui est à l’origine de la Première Guerre mondiale, dénonçant «les failles», «défaillances», «innombrables mensonges» ou «travestissements» d’un procès «bâclé».

C’est en 1978, s’inspirant du livre de Joe Brainard, I Remember, dont les premiers fragments ont paru en 1970, que Georges Perec publie l’un de ses ivres les plus connus, Je me souviens. Si ce florilège de souvenirs a donné lieu à plusieurs ouvrages du même type, celui de Lydia Flem s’attache à un angle précis, l’univers vestimentaire, comme l’indique son titre, Je me souviens de l’imperméable rouge que je portais l’été de mes vingt ans. C’est, en creux, un portrait d’elle-même que reconstruit la psychanalyste belge, puisant largement dans ses souvenirs d’enfance et d’école, rameutant ses parents ou les grands couturiers,

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