Grâce et dénuement


Je m’en voudrais de ne pas vous signaler la sortie en poche (Espace Nord) du roman d’Armel Job, Le Conseiller du roi, paru en 2003 chez Robert Laffont. On connaît Armel Job pour sa plume alerte et impertinente, toujours prompte à relever les bassesses humaines, les mesquineries du quotidien comme, à contrario, les moments de grâce d’une humanité jamais très éloignée de la rédemption.  

Armel Job est un romancier d’une rare intelligence, il a déjà acquis à sa cause un public d’irréductibles fans (dont votre serviteur…) qui verront dans ce roman un véritable petit chef-d’œuvre. L’auteur situe l’action de son intrigue en pleine question royale. Le roi Léopold III toujours exilé en Allemagne – nous sommes en 1950 – peut enfin revenir en Belgique suite au referendum qui le réhabilite de justesse (à 57 % des voix). Mais les manifestations populaires vont bon train et le roi se voit obligé d’abdiquer et de laisser la place à son fils Baudouin. Le Conseiller du roi – une fiction, doit-on le préciser – se concentre sur la personne d’Henri Gansberg van der Noot, l’aide de camp du souverain, qui est pris dans la tourmente politique mais aussi dans une tourmente sentimentale.

Doté d’une écriture élégante et d’un humour titilleur, Le Conseiller du roi est un condensé de tendresse et de spiritualité, de chaleur et de suavité… n’est-ce pas là la définition même de la grâce ?

Le Conseiller du roi, Armel Job, Espace Nord, 305p.