Henri Calet arpente les XIXe et XXe arrondissements parisiens


On doit au Dilettante la réédition de plusieurs livres d’Henri Calet ainsi que la publication d’inédits, tels que les textes réunis dans ce volume dont, dans sa préface, Jean-Pierre Baril raconte le genèse. C’est début 1949 que l’auteur du Tout sur le tout entreprend un «guide de Paris» limité, pour l’heure, aux XIXe et XXe arrondissements. Il écrit huit textes dont il tire des articles qui paraissent dans différents journaux et revues jusqu’en février 1950. Mais, pour de multiples raisons développées dans l’introduction, il ne parvient pas à les réunir en un volume sous le titre qu’il a lui-même choisi, Huit quartiers de roture. Pour se consoler, il en écrit une adaptation radiophonique diffusée le mercredi soir, entre début septembre et fin octobre 1952, sur le Programme parisien. Un CD joint à cette édition reprend d’ailleurs des extraits de ces émissions.

La Villette, Pont-de-Flandre, Amérique, Combat pour le XIXe arrondissement, Saint-Fargeau, Belleville, Le Père Lachaise et Charonne pour le XXe sont autant d’occasions pour ce flâneur attentif et perspicace de mêler érudition (historique, culturelle, architecturale – il n’hésite pas à citer des auteurs comme Louis-Sébastien Mercier ou Champfleury) et goût pour les descriptions. Toujours avec l’air de ne pas y toucher, arpentant des rues et places que tantôt il découvre, tantôt il redécouvre car recoupant sa propre histoire familiale. Si, dans son travail de préparation, Calet pressentait que le «gris uniforme» convenait davantage à ces quartiers que les «tons plutôt gais» (lilas, bleu ciel) dont il les avait parés sur son plan de Paris, au terme de ses déambulations, il fait son mea culpa, reconnaissant s’être «montré injuste», ces lieux n’étant pas «si disgraciés» qu’il l’avait dit. Mieux, il «regrette que ce soit déjà fini», heureux d’avoir «appris bien des choses» et «ramassé par là des souvenirs personnels, ou de famille qui traînaient encore». Ajoutant malicieusement, entre parenthèses: «Je suis un chiffonnier de mon passé».

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