humour immigré

Sarkozy parti, Didier Reynders s’est précipité à Paris pour racheter en solde, avant que l’équipe de campagne ne les détruise, les projets de discours inutilisés de feu le président immigré hongrois. Façon de reprendre à bon compte et pour pas cher la petite chanson de campagne sur l’immigration ratée et les ratés de l’immigration. Une chanson, Reynders ne l’a-t-il pas relevé, qui n’a pas permis au président sortant de garder la tête du hit parade ? Tant qu’à emprunter un air étranger, il aurait mieux faire de choisir de la musique hollandaise… Immigré lui-même à Uccle, Didgé a décidé de rallier à lui les vrais Belges de soucheke en dénonçant ses coreligionnaires moins heureux. Oubliant qu’une partie de ses futurs électeurs sont eux-mêmes venus de l’étranger. Quand il dénonce les carences de l’intégration, le refus des immigrés de partager nos valeurs, parle-t-il par exemple de ces immigrés du sud venus chez nous pour échapper à l’impôt ? Alors, oui, d’accord avec lui : ces immigrés fiscaux ont des valeurs qui ne sont pas les nôtres. Et on n’a vraiment pas envie qu’ils viennent contaminer les bon citoyens belges et étrangers, établis chez nous, qui, eux, payent leurs impôts, ces mêmes impôts qui permettent de payer le salaire de M. Reynders. Simpliste l’argument ? Aussi raffiné que celui de M. Reynders pour qui le chemin le « plus court pour se déplacer à l’étranger », c’est aller à Molenbeek. A ceux qui se sont déclarés choqués, Didgé a répondu qu’ils n’avaient aucun humour. Oui, il paraît que c’est là qu’il fallait rire. Si M. Reynders choisit maintenant Dieudonné comme professeur d’humour immigré, la campagne électorale nous réserve encore une série de bonnes tranches de rigolade. Reste un autre excellent personnage sur lequel M. Reynders ne semble pas –encore- avoir réussi à écrire de sketch. Elio Di Rupo. S’il manque un peu d’imagination, Didgé n’a qu’à plonger dans le stock de « bonnes histoires » sur les « macaronis », ces immigrés italiens, que nous avions fait venir par dizaine de milliers après la guerre pour accomplir les travaux pour lesquels les Belges déjà ne voulaient pas se salir les mains. Il en trouvera autant qu’il veut pour nourrir tout un spectacle. Les étrangers ? Ils sont partout en Belgique. Des Liégeois à Uccle, des Flamands en Wallonie, des francophones en Flandre, des Polonais, Italiens, Espagnols, Chiliens, Congolais, d’hier et de jadis. La reine vient d’Italie. Et la mère du roi de Suède. Ca immigre sans cesse, dans tous les sens et à chaque génération. C’est ce joli mélange cosmopolite qui a fabriqué ce que nous sommes, et les folies et les langues bâtardes, différentes d’un village à l’autre, d’un quartier à l’autre, dont nous avons raison d’être si fiers.

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