Il y a quarante ans naissait Apostrophes


A l’occasion des quarante ans d’Apostrophes, vient de paraître un second coffret rassemblant douze émissions parmi les 724 diffusées le vendredi soir pendant plus de quinze ans, du 10 janvier 1975 au 22 juin 1990. Constat évident: contrairement à ce que l’on entend parfois, François Busnel n’est en rien le successeur de Bernard Pivot – sinon qu’ils réunissent l’un et l’autre en moyenne quatre auteurs et qu’ils indiquent le numéro de la page où ils ont puisé une citation. Et ce, pour plusieurs raisons. La première a trait à la personnalité des animateurs et à leur façon de poser ses questions. Chez Pivot, la «vedette», ce n’est pas lui, mais son invité. Même s’il sait se montrer malicieux et finaud, faussement ingénu, il ne «se regarde pas poser sa question» (comme on dit de certains qu’ils «se regardent parler»). Contrairement à Busnel, il n’essaie pas de faire de l’effet (style: «voyez comme ma question elle est subtile», avec un coup d’œil appuyé jeté aux autres invités). Pour lui, ce qui importe, c’est la réponse suscitée par la (bonne) question. L’animateur de La Grande Librairie, imbu de son intelligence, donne, de son côté, l’impression que c’est la question qui prime, la réponse n’étant qu’une sorte de bonus.