Inutile, vive la révolution



© P. Pellizzari, Maroc, février 2011


Comme photographe, j’ai souvent été en Afrique du Nord. Sans vouloir faire le malin, il était prévisible, nous en parlions, que vu la proportion de jeunes sans espoir de trouver un sens à leur vie et un rôle dans la société, les pays du du Nord de l’Afrique auraient des problèmes. Nous pensions à la pression migratoire sur l’Europe, moins à une révolution.

La révolution donne de l’espoir, ouvre des moyens d’expression; mais elle ne résout pas le problème de fond.

Quand mon fils a terminé ses études, il lui a fallu quelques mois, quelques stages non rémunérés, son réseau social, pour trouver un premier travail. Alors que le temps avançait durant sa recherche, la violence, la colère, l’angoisse, la perte de confiance grandissaient. Imaginez alors la colère des jeunes d’Afrique…

Je ne l’avais pas préparé à cela. Je ne l’avais pas préparé à changer de paradigme. Nous lui avions appris à comprendre des systèmes existants pour résoudre des situations dans un cadre donné, pas de changer de cadre. Alors quoi ? Enseigner à nouveau les sciences politiques ? l’anthropologie ? instaurer un service civil universel ? En tous les cas, repenser l’utilité de chacun dans la société et autrement que par l’argument de la croissance économique.