Investir l’Espace public : un urbanisme et un aménagement du territoire cohérent




ENSEMBLE DE RÉFLEXIONS PUBLIÉES DANS LE CADRE DES ELECTIONS COMMUNALES 2018 À GREZ-DOICEAU

(Le préambule se trouve à cette adresse)

Urbanisme et espace public sont intimement liés. Le premier est un guide pour l’aménagement du second, mais il est trop restrictif au sens, où communément, il ne traite que des aménagements urbains, ce qui sortirait les espaces non urbains comme les champs ou les bois de son champ d’action. C’est pourquoi, nous y avons associé l’aménagement du territoire quand nous parlons. Nous n’opposons pas non plus espace public et privé dans notre analyse. Le second a une influence directe sur le premier, par sa disposition, sa finalité ou ses aménagements.

L’urbanisme est une discipline mal comprise. Peut-être parce que bien souvent le service de l’urbanisme dans une commune fait parfois plus de l’esthétisme que de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire et ce pour des raisons réglementaires ou politiques. Il existe de nombreuses prescriptions (devenues des recommandations avec le Co Dt [ajouter]) comme le RGBSR, le règlement général pour des bâtisses sans réflexion, interdisant une véritable innovation. En outre, tant à l’administration que chez les politiques ou les citoyens, il y a de nombreuses idées reçues, dont la pertinence devrait être examinée.


Quelques exemples…


La ville à la campagne (1)

Certains considèrent que construire des maisons en alignement c’est mettre la ville à la campagne, évoquant même des corons[i]. Il est faux de dire que des maisons 2 façades n’existent que dans des paysages citadins. La typologie de nos villages en est remplie. La maison 4 façades bourgeoise du docteur ou du négociant en grain y était présente, mais la villa (au sens actuel) est une invention récente. Par ailleurs, la maison 2 ou 3 façades est un excellent compromis pour un habitat peu énergivore.


La ville à la campagne (2)

La présence d’appartements soulève le même tollé. Or, il existe, même en zone rurale, une réelle demande pour ce type de logement, pour des personnes seules, des couples âgés. Il est aussi intéressant par son besoin d’espace réduit par logement et sa sobriété en énergie.


Le parcage des voitures

Le parcage est souvent une obsession pour les autorités. Un nombre de places de stationnement défini est imposé par logement. Il s’agit d’un problème réel, mais qui semble pris par le mauvais bout. Ce qui est craint est la présence massive de véhicules dans les rues. A certains endroits, une taxe est imposée à celui qui n’a pas de garage, mais le garage ampute le logement d’u lieu potentiel de rangement ou de vie, qui serait chauffé à meilleur escient. Pourquoi imposer d’y mettre sa voiture ? Il serait sans doute plus approprié de prévoir des cartes de riverains ou d’imposer le parking dans des zones un peu plus éloignées.


La circulation automobile

L’étalement urbain a conduit à un usage immodéré de la voiture. Les zones économiques décentrées l’ont renforcé. L’insécurité routière conduit à remplacer les transports en commun par l’automobile pour les trajets vers l’école. Tout nouveau projet, même pertinent en termes de densification, doit passer sous les fourches caudines de la maîtrise de la mobilité. Argument valable à court terme, mais sans doute mal pensé à long terme. Ne vaut-il pas, comme le suggère un professeur de l’université de Hasselt laisser les difficultés s’amonceler pour provoquer un changement de comportement.


Pensons en fait plus loin. Intégrons le maximum d’éléments dans notre réflexion.

Nous devrions envisager les choses du point de vue :

· de l'usager: ce bâtiment ou cet aménagement remplit-il ses fonctions et ajoute-t-il quelque chose à ma vie?

o La gare de Liège par exemple ne remplit pas ces critères.

· du gestionnaire: le budget alloué est-il cohérent entre autre avec la fonction?

o La gare de Mons est un autre exemple.

· de l'environnementaliste: quel impact a cette construction?

· de l’aménageur : quel impact sur mon territoire ?

· du spécialiste en mobilité qui analysera plus finement cet aspect

· du citoyen qui doit vivre ou passer par là.

· voire de l’esthète, parce qu’il y a toujours quelqu’un qui se piquera de l’être.


Un urbanisme pratique et participatif donc, défendu chez nous dans les années septante par Lucien Kroll ou plus récemment en France par Thierry Paquot dans son ouvrage « L'urbanisme, c'est notre affaire ». Un urbanisme et un aménagement du territoire qui ne s’arrêteraient pas à des formules toutes faites, à des visions étriquées, passéistes.



L’urbanisme communal (et singulièrement dans les communes rurales) se limite encore trop souvent à la délivrance des permis. Il faut un travail de réflexion, prospectif, intellectuel au sens noble, pour imaginer les conditions idéales pour conserver ou créer un espace public convivial.


Pour terminer, il nous semble important de traiter de deux sujets : le caractère rural et le paysage. Mais comme ces sujets sont vastes, nous vous renvoyons à quelques textes plus anciens, encore d’actualité toutefois.

Nous vous renvoyons à ces cartes blanches de notre association publiées dans Espace-Vie :

Ainsi qu’à ces chroniques

La plate-forme citoyen-grez-doiceau.be & Epures ASBL