Investir l’Espace public : une virtualité très concrète.


ENSEMBLE DE RÉFLEXIONS PUBLIÉES DANS LE CADRE DES ELECTIONS COMMUNALES 2018 À GREZ-DOICEAU (Le préambule se trouve à cette adresse)

Espace public où le « je » se frotte au « nous », où les opinions trouvent écho, espace multiforme où souffle la liberté, où pèse l’oppression, décor de carton-pâte impressionnant, moulé par un pouvoir, ou libre palette de couleurs modestes associées…Un espace public bien réel qui migre désormais sur la scène virtuelle des réseaux dits « sociaux ».« La conversation de la volaille qui fait l’opinion », comme le chantait Souchon en 1977 , avec un brin de raillerie, n’a plus lieu dans les « basse-cours » mais sur Facebook. Une multinationale que la réputation de vendeuse de données éloigne d’un certain nombre d’utilisateurs potentiels. Et pourtant, c’est là, en grande partie, que se déroule l’enjeu du réinvestissement de l’espace public.

« Facebook peut-il être un lieu de la démocratie ? »

Cela mériterait un réel débat. Les forums comme Facebook sont (devenus) de réels lieux d'expression de pensées, de courants, d'opinions, mais sans pour autant avoir systématiquement absorbé la culture du débat, de la confrontation argumentée. C'est néanmoins une donne qu’il faut considérer dans nos échanges. Des messages, des signaux passent par ces réseaux. Il faut en tenir compte en reconnaissant le rôle qu’ils ont acquis..

Il est clair que les élus, particulièrement au niveau local, n'ont pas les moyens de gérer tous ces flux (aux auteurs parfois anonymes). Et cela ne leur est d'ailleurs pas demandé, écrivions-nous en 2015 en prétextant qu’il est généralement possible de les contacter par d’autres voies plus officielles et plus pertinentes. Mais en 2018, peut-on encore faire l’impasse ?


A notre sens, il y a un triple enjeu qui justifierait de ne pas négliger ces forums:

  • favoriser la culture du débat et de la citoyenneté ;

  • intégrer des espaces nouveaux dans l'exercice de la démocratie ;

  • éviter que cet espace ne soit occupé que par les éléments les plus virulents , les moins démocrates et les plus nocifs pour la construction d’un vivre ensemble.

Quels outils peuvent être mis en place pour y arriver ? Par essence, il s’agit d’un espace non défini, aux règles floues et changeantes (y compris celles du fournisseur) mais dans lequel il peut néanmoins exister une certaine régulation, faites par les administrateurs d’une page ou d’un groupe voire sous forme d’autorégulation par les membres mêmes du groupe. Ce que l’on a constaté est qu’un espace virtuel dédié à un sujet local se fréquentait différemment, vu la proximité des protagonistes. Nous sommes tous voisins.

La plate-forme citoyen-grez-doiceau.be & Epures ASBL

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