Jungle fever

Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures), d’Apichatpong Weerasethakul.


Oncle Boonmee est un film qui ne ressemble à aucun autre – si ce n’est aux films précédents du Thailandais fraîchement palmé. Le prix cannois offre une publicité inédite : c’est l’occasion idéale de découvrir le cinéma atypique d’un grand cinéaste, qui semble ici atteindre une certaine plénitude artistique. Il nous entraîne dans une balade filmique à des années lumières des sentiers déjà parcourus. Si l’on accueille ce film avec curiosité et goût de la découverte, le voyage est une expérience fascinante, enrichissante, apaisante.

Si du moins on s’est laissé embarquer, il nous reste après la projection beaucoup d’images en tête, plusieurs scènes de toute beauté. L’évasion du buffle, l’apparition des fantômes, la princesse et le poisson-chat, l’exploration de la grotte, l’hommage appuyé à La Jetée… Weerasethakul, avec une lenteur sereine et jamais ennuyeuse, démontre une maîtrise de « l’image-temps » qui force l’admiration. Oncle Boonmee est donc traversé par plusieurs moments sublimes, mais le tout est supérieur à la somme de ses parties. Les plus cinéphiles apprécieront également à quel point le film séduit par son rapport intime avec le cinéma. Une réserve, tout de même, sur les cinq dernières minutes, où le film perd quelque peu, à force de déconcerter, son pouvoir d’ensorcellement. La fin n’a pas, à mes yeux, le charisme de ce qui a précédé.

La séance ne demeure pas moins merveilleuse. Oncle Boonmee, objet filmique sans décodeur, en laissera certainement sur le carreau. Mais on ne peut que conseiller cette balade pleine de mystères et d’enchantements.

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