L'affront du front

Un beau jour, sans avoir rien demandé, vous recevez dans votre boîte aux lettres électroniques un communiqué du Front National belge. Là, vous lisez la complainte habituelle de ces éternels victimes du totalitarisme démocratique et des ces infatigables pourfendeurs des innombrables déviances et errances d’un système parlementaire pourri. Comme vous n’avez rien demandé, comme vous êtes résolument du côté des salauds qui veulent la disparition de ce genre de parti, vous cliquez sur le bouton demandant de vous désinscrire. Vous êtes comme ça : s’ils ont le droit d’exprimer des opinions même qui sont en totale opposition avec les droits de l’homme, vous n’avez pas le devoir d’en prendre connaissance. Mais se désinscrire d’un service qui vous a été imposé par le Front National n’est pas chose si simple. On vous prévient : vous recevrez d’abord un mail de confirmation de l’infirmation auquel vous devrez répondre pour confirmer la confirmation de l’infirmation des informations du Front (vous suivez ?). Vous le faites, car vous êtes respectueux des procédures, même si elles vous semblent peu conformes avec la “netiquette”. Enfin, vous vous croyez quitte de cette lecture indigente. Erreur : quelques jours plus tard, ça recommence. Vous aussi. La procédure complète. Las. Les lamentations frontiques continuent à inonder votre messagerie. Vous vous fâchez. On vous répond, très poliment, que l’on ne trouve pas votre adresse dans la liste. Vous donnez toutes les adresses possibles. Quelques mails extrêmement courtois sont échangés, jusqu’à la conclusion que, promis, croix de bois, croix de guerre, vous n’entendrez plus jamais parler du Front. Jusqu’au lendemain… Une chose est sûre : sur le fond, le Front National est toujours aussi fasciste que ses ancêtres rexistes, nazis, mussoliniens et autres. Sur la forme, il a appris la politesse. Celle du bourreau qui met des gants blancs avant l’exécution.

Posts récents

Voir tout

NOUVEAU SITE

Cela fait de longues années que ce blog n’a pas été mis à jour. Non que ce soit une obligation ; mais là, vraiment, il était temps. Il n’y aura plus de nouveaux articles sur ce site. Je vous invite à