L’avenir en 3D

Il paraît que les enfants plébiscitent le cinéma sur ordinateur plutôt que sur grand écran, de préférence en téléchargeant à partir de sites pirates. A voir la qualité des images sur leurs écrans et la pub qui s’agite autour du programme, on comprend que c’est moins les péripéties du film et les cabrioles de leurs héros qui les attire que leur propre audace à jouer aux pirates et à violer les interdits. Gruger les titulaires de droit d’auteur, waw ! C’est la dernière aventure possible ici-bas.

Pour trouver une parade à cette nouvelle désaffection des salles, les producteurs ont imaginé de tout miser sur le 3-D. Comme personne n’a plus guère de mémoire et que pour beaucoup de spectateurs le cinéma a commencé avec Tarantino, ils n’ont eu aucun scrupule à présenter comme une révolution comparable à l’arrivée du parlant un procédé qui existait déjà dans les années cinquante. « Le crime était presque parfait » d’Hitchcock par exemple avait été tourné en 3–D avec lunettes et tout le tremblement en 1954 !

En tout cas, le succès est au rendez-vous au point que des films ont, en cours de production, été transformés vite fait mal fait pour y insérer quelques vagues effets en relief.

Si on a échappé à Jean-Claude Van Damme en trois dimensions, on se rattrapera dans les mois qui viennent avec une série de films dont les effets stéréoscopiques sont les principales sinon les seules qualités.

Du relief ! Voilà ce que veulent les spectateurs ! Même s’ils payent leur ticket plus cher et qu’en plus des popcorns, ils doivent acquérir des lunettes pour eux et les enfants. Lunettes dont l’usage en-dehors du cinéma est peu recommandé. Sauf aux conducteurs fantômes qui veulent rendre leur équipée à contre sens sur l’autoroute encore plus palpitante…

Le relief ? Voilà aussi ce que réclament les citoyens. Ce qui manque si cruellement à notre vie politique et à notre pays pour relancer son épopée. Le film qui se déroule sur nos écrans  depuis trop de mois est raplapla.

Si la distribution a réussi à réunir les 3 D (De Wever, Di Rupo et (van)de Lanotte – d’accord je triche un peu), le scénario n’a pas encore décollé. A défaut des effets spéciaux qui rendent le monde meilleur. Voilà à quoi doit s’atteler d’urgence notre conciliateur-réalisateur pour éviter que la coproduction flamando-francophone ne se plante en rase campagne et ne se relève pas de ce nouvel avatar.

PS : le film de la semaine s’appelle « Quartier lointain » signé Sam Garbarski : il n’est pas en 3-D ; il va plus loin encore : il nous plonge dans la quatrième dimension ! Et c’est superbe, drôle et émouvant. Cerise sur le gâteau, c’est belge ! oui, belge !

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