L’Iconoclaste a aussi fait sa rentrée


La Ballade du calame permet à l’écrivain franco-afghan Atiq Rahimi né en 1962 à Kaboul et prix Goncourt 2008 pour Syngé sabour. Pierre de patience, roman qu’il a lui-même adapté au cinéma en 2013, de se dévoiler poétiquement. A 16 ans, il a rejoint en Inde son père qui s’y était exilé après dix ans passés dans les geôles afghanes pour avoir dénoncé le coup d’Etat dans son pays de manière humoristique : supprimant la première lettre du mot «Afghanistan», il en avait en effet modifié le sens en persan. Cette condamnation a conduit son fils à abandonner la calligraphie, pour laquelle il se sentait «gauche», ainsi que la peinture, déchirant le portrait du nouveau président, pour se consacrer à l’écriture de poèmes. Au dessin, il est pourtant revenu comme en témoignent les nombreuses callimorphies qui jalonnent son livre, mêlées à des poèmes et citations diverses. Contrairement à la calligraphie, qui est «l’image de la parole sacrée», la callimorphie est profane, «musicale» et «chorégraphique» et, chez lui, liée «à l’éros du corps humain». Les traits qui naissent de son calame sont poétiques et évocateurs, laissant une large place à l’imaginaire de celui qui les regarde. Une table des callimorphies figure en annexe de ce très beau livre particulièrement subtil et délicat.



#AtiqRahimi #JeanMichelRibes #JudithPerrignon #LIconoclaste