La bonne longeur d’ondes

Quels ont été les critères du sacro-saint CSA pour sa nouvelle répartition des fréquences ? Est-il normal que cette répartition conduise à la condamnation quasi automatique de deux chaînes nouvelles qui, à l’évidence, avaient le tort de plaire à un public grandissant, différentes de ce que l’on trouve habituellement sur nos ondes ? On a beau dire que les habitudes évoluent, que les gens se tournent de plus en plus vers Internet et que l’avenir de la radio et de la télévision se joue là, sur la toile plus que sur les ondes, il n’en demeure pas moins que, pour de longues années encore, les gens écouteront leur radio dans leur salle de bains, dans leur voiture… dans mille endroits où ils n’auront pas un ordinateur connecté sur Internet. Peut-être tout simplement parce qu’ils n’auront pas envie d’être, en tout lieu et tout instant, dépendant d’un ordinateur. Il faut donc que les fréquences soient largement ouvertes et qu’on y trouve l’offre la plus diversifiée. L’argument avancé par le CSA serait la peur de la concentration. La belle affaire… Pour le CSA, mieux vaut 10 petites radios locales sans moyen que des radios professionnelles, inscrites dans des groupes qui leur offrent une infrastructure et une visibilité leur permettant d’allier compétence et efficacité. Appliquons alors ce raisonnement à d’autres secteurs, par exemple celui de la librairie : interdiction de présenter sur les tables les ouvrages de Fayard, Grasset, Lattès, Julliard, Hachette, j’en passe et des meilleurs, sous prétexte qu’ils appartiennent tous au même groupe. Ce que le CSA ne voit pas, c’est que la concentration ne signifie pas systématiquement une perte d’indépendance. Chacun des éditeurs cités ci-dessus a sa politique éditoriale. Pour revenir à Mint, elle appartient au même groupe que le journal dans lequel je publie cette chronique ; or, on ne peut pas dire que Le Soir soit monté aux premières lignes pour défendre Mint. Que cela soit bien ou non, cela prouve l’indépendance éditoriale totale au sein d’une “concentration”. Concentration en outre relative : la RTBF en exerce une bien plus grande, et NRJ aussi, en chiffres absolus. Mint n’appartient que partiellement à RTL et ne représente que 2,7 % de taux d’audience. Mais grâce à sa présence dans les mêmes bâtiments que RTL, les grandes figures politiques passent sur Mint, et subissent le “grand oral” de Mathieu Col qui, en fait d’impertinence et d’intelligence, est le fils spirituel de Jean-Pierre Jacqmin. Comme le prouvent les réactions nombreuses des auditeurs, cette petite radio a le tort de plaire. Elle allie l’information à la musique sans vulgarité, avec des temps de pub raisonnables. Elle offre du plaisir à ses auditeurs et de l’emploi… On comprend décidément très mal ce qui peut motiver le CSA…

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