La fureur du bruit


Ceux qui avaient aimé le précédent roman de Delphine Bertholon, « Twist », vont adorer celui-ci. À la fois chroniqueuse d’un siècle et de ses désarrois et ange scrutateur des cœurs et des âmes de tous ces « ordinary people » qui fondent l’humanité, Bertholon glisse ici sur les effets Larsen et les mises en abymes pour brosser le portrait d’une mère et d’une fille frappées par un drame : la mort du mari (et du père). Nola, la narratrice, accompagne la dérive sociale, psychologique et médicale de sa mère et tente désespérément de ne pas sombrer à son tour. De manière touchante, ce roman illustre cette réalité : nous ne sommes le plus souvent conscients de notre bonheur qu’au moment où celui-ci nous abandonne. Mais ces prises de conscience sont aussi de formidables incitations. Ce qui est détruit peut être reconstruit, reconquis, et si l’on a la force, nos défaites sont le terreau de nos plus belles victoires. Aux antipodes du désespoir, l’histoire de Nola est celle d’une vibrante résilience.