La mort devant soi


La déportation des Juifs en France est un sujet tellement (mal)traité qu’il semble devenir difficile, voire impossible, de s’y atteler. Pourtant, Henri Husetowski réussit le pari, avec son petit David, mélange de petit Nicolas pris dans la tourmente de la guerre et de Momo, le héros de “La vie devant soi” d’Emile Ajar. Un David, fils d’une mère de caractère, décidée à tout pour sauver son fils, même à la convertir. À travers les pensées d’un gamin de neuf ans, on plonge dans l’immédiateté de l’horreur, ce qui signifie la confusion des sentiments, l’impossibilité de distinguer clairement les priorités, le choc des peurs et des désirs, les embrassades que l’on manque parce que l’on ne peut pas deviner que jamais on ne se reverra. La naïveté et l’humour se laissent lentement dévorer par l’horreur et la folie. Le destin de David, c’est celui de l’Enfance aux mains des bourreaux nazis, lesquels ont autant chercher à tuer des individus que les principes même de l’humanité.