La peinture verte est-elle encore à la mode?


Le propos était de se dire qu’une économie qui n’intégrerait pas un minimum (ou un maximum) l’écologie n’était plus viable. L’orateur défendait l’idée d’une comptabilisation environnementale  complémentaire à la comptabilité classique qui aurait pour effet une régulation « naturelle » et éliminerait peu à peu les processus les plus polluants. Concept séduisant et infiniment indispensable. Mais remplirait-il réellement son rôle ? Nous pouvons bien entendu supposer que particulièrement vertueux et sensibles aux coûts, les entrepreneurs se dirigeront vers le moins polluant. Nous pouvons également supposer que les consommateurs seront tout aussi sensibles et ne réclameront pas autre chose. Mais la question la plus évidente ne semble pas être posée. Le produit ou le service en question sont-ils nécessaires ? Ce qui est offert, aussi peu polluant cela soit-il, est-il indispensable, vital ? Cela remplit-il une fonction quelconque mais essentielle pour la société ou n’est-ce qu’un avatar de plus de ces besoins que l’on nous prête.

Une autre idée défendue par l’orateur était le travail sur l’efficience des matériaux et leur bon usage. Concevoir que, d’une certaine façon, la technologie est une part dela solution. Nousne saurions faire nôtre le principe de rejet systématique des avancées techniques. Mais leur acceptation ne peut se défendre que si le progrès engrangé a un réel sens socio-environnemental. (Incidemment, il serait bon d’évaluer la valeur éthique de ces progrès quand ils sont le fruit d’une collaboration avec une dictature, comme la Chine par exemple).

Nous ne pouvons pas non plus nier l’importance du recyclage. Mais le recyclage, s’il est une obligation, n’interdit pas par lui-même l’excès de fabrication. Le recyclage ne doit pas éluder la question de la nécessité du déchet ou plus précisément de sa qualification. Fabriquer un objet à partir de bouchons de plastique suppose que le bouchon soit produit. La question est, aussi peu évidente soit-elle pour certains, la nécessité de le produire. Pouvons-nous décemment imaginer une société « zéro déchets » ? Nous pensons possible de l’approcher.

Fonder par ailleurs une société sur le déchet est par ailleurs hasardeux. Prenons l’exemple d’une unité de bio méthanisation. Sa viabilité est liée à l’existence de produits utilisables dans son processus.  Nous pouvons imaginer que l’évolution des pratiques (agri-)culturales assèchera les sources « bon marché » : diminution de l’élevage intensif, utilisation des déchets de haies comme bois raméal fragmenté ou compostage direct des sous-produits.

Tout cela nous fait penser que aussi séduisantes puissent être toutes ces propositions, elles n’auraient un effet, fût-il (ou futile) important, qu’àla marge. Parceque la question qui subsiste est : l’économie (à tout le moins celle de marché) est-elle viable dans un environnement fini ?

Le collectif Calvin & Hobbes.

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