La simplicité volontaire

« La simplicité est l’habit de la perfection. », a écrit Wladimir Wolf-Gozin. Qu’est-ce que ça veut dire ? Et d’abord, c’est qui, ce type ? Avec un nom comme ça, on ferait bien de réfléchir à deux fois avant de parler de simplicité, vous ne trouvez pas ? Rien de tel que la simplicité, me disait récemment le comte Aldo-Ladislas-Raymond-Marie de la Poudrière du Mont Joli en rentrant sa Rolls dans la cour de son château. Il venait de revendre sa Bentley, c’est vous dire combien il est simple, et il envisageait de louer pour un prix modique à sa bonne son petit appartement de 240 mètres carrés sur la promenade des Anglais. Laquelle est devenue, selon ses propres mots, beaucoup trop populaire, ce qui, sans doute, est le contraire de la vraie simplicité, quoi, non ?

Bref, un peu d’analyse de texte. Notez au passage que Wladimir est – ou était, même Wikipédia n’en parle pas, c’est vous dire, un peintre et écrivain français, auteur de maxime (on s’en serait douté), et né en 1901. La simplicité est l’habit de la perfection. Soyons simples et parfaits. Et habillés, bien sûr. Si la perfection doit s’habiller de simplicité, c’est qu’elle n’est pas très simple ; ne dit-on pas de la nudité que c’est notre plus simple appareil ? La simplicité serait donc, pour la perfection, un masque, un mensonge, une… couverture ! Est-ce bien parfait ? Bien simple ? Notez qu’on pourrait aussi bien inverser les termes : « l’habit est la simplicité de la perfection », ou « la perfection de la simplicité ». Ça ne changerait pas grand-chose et vous auriez toujours l’air aussi simplement intéressant dans les repas très simples et sans chichis de la marquise.

C’est quoi, être simple ? Je veux dire vraiment simple, quoi. Simple mais pas débile. Le plus simple, c’est de prendre un exemple. C’est parfait, un exemple. Sarkozy, c’est l’histoire d’un mec simple qui ne veut pas que les employées modèles qui le rencontrent par hasard, en toute simplicité, au détour d’un couloir de leur usine où ce mec si simple aime à se promener en toute simplicité, que ces employées modèles donc et pas du tout triées sur le volet, simples quoi, que ces employées parfaites et habillées simplement soient plus grandes que lui. Et c’est là que ça cesse d’être simple…

Est-ce que vous savez que Tolstoï est une des sources de cette simplicité volontaire, vachement tendance en ces temps postmodernes néoécologistes ? Attention à ne pas confondre avec la simplicité non volontaire, du genre de celle qu’on vous propose à votre entrée pour un stage de dépouillement post-consumériste à la prison de Saint-Gilles. Ou de celle que nous propose la crise… Comme disait Coluche : dites-nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer…

#Sanschichis #simplicitévolontaire

Posts récents

Voir tout

NOUVEAU SITE

Cela fait de longues années que ce blog n’a pas été mis à jour. Non que ce soit une obligation ; mais là, vraiment, il était temps. Il n’y aura plus de nouveaux articles sur ce site. Je vous invite à

michaël, l’espiègle

Dans une belle lettre d’adieu à son coéquipier Michael Goolaerts, le triple champion du monde de cyclo-cross Wout Van Aert écrit qu’il ne faudra jamais oublier Michael, ce gars espiègle avec son étern

Anvers et contre tout

Anvers est loin de Vérone. Sous le balcon de Juliette, l’histoire d’amour était dramatique mais simple. Dans la métropole pluvieuse, la tragédie a tourné au Grand-Guignol. La Belgique est une terre de