La terreur communiste analysée par Thierry Wolton

Une histoire mondiale du communisme, T1 Les Bourreaux, T2 Les Victimes, par Thierry Wolton, Grasset, 1128 et 1132 pages, 39 euros chacun.



Vous redoutiez l’accueil de votre livre en France où l’idée communiste a été très forte, tant chez les intellectuels que dans la vie politique? En fait, la sortie du livre n’a pas suscité de polémique, L’Obs est le seul journal à m’avoir accroché dans un article signé sous pseudonyme. Dans L’Histoire interdite, paru en 1998, où je parlais de la difficulté de faire entendre l’histoire du communisme en France, j’écrivais que la France sera le dernier pays communiste du monde car, comme des historiens l’ont dit avant moi, il y a une filiation certaine entre la Révolution française, et spécifiquement la Terreur, et le communisme. Plutôt qu’anti-communiste, je suis antitotalitaire, contre le nazisme, l’islamisme, contre toutes les idéologies qui prétendent gouverner les hommes de A à Z.

Pourquoi avoir choisi de parler séparément des « bourreaux » et des « victimes »? Je voulais montrer que, derrière la diversité des expériences communistes, il y a une véritable unité. C’est pourquoi, dans un volume, j’aborde l’Histoire chronologiquement, de la Révolution de 1917 à l’invasion de l’Afghanistan, et, dans l’autre, thématiquement. Et le troisième tome que je suis en train d’écrire parlera des partis communistes qui n’ont pas été au pouvoir et des liens des Occidentaux au communisme.


Vous rappelez aussi que tous les Etats communistes se sont transformés en gigantesques prisons, retenant contre leur gré les habitants dont ils étaient censés améliorer la vie. L’appareil policier, le goulag, le Rideau de fer sont bien la preuve absolue de l’impopularité de ces régimes qui parlent d’universalité et de bonheur pour tous. La Corée du Nord en est aujourd’hui un parfait exemple. Le totalitarisme ne peut fonctionner qu’isolé du reste du monde. Il ne peut supporter le doute. Je crois que c’est la Seconde Guerre mondiale, bien qu’elle consacre le triomphe du communisme qui va s’étendre en Europe et en Chine, qui signe sa perte, les soldats de l’Armée Rouge partis à la conquête de l’Est se rendant compte que l’on vit mieux ailleurs que dans la Russie stalinienne.

Mais, très tôt, des Russes, pourtant révolutionnaires, ont compris s’être faits berner. En mars 1921, par exemple, les marins de Kronstadt se révoltent contre le pouvoir bolchevique, réclamant plus de démocratie. Plusieurs milliers d’entre eux seront exécutés ou envoyés dans des camps. Les socialistes ont été les premières grandes victimes politiques. Dès 1917-18, de nombreux socialistes s’alarment contre ce qu’ils considèrent comme une trahison de la révolution. Mais leur voix va être étouffée, quand ils ne seront pas exterminés.

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