Laure Murat, amoureuse de Los Angeles


Peut-on tomber amoureux d’une ville ? Laure Murat, qui n’y croyait pas, est pourtant tombée amoureuse de Los Angeles, où elle enseigne la littérature française à l’UCLA. Elle avoue avoir tout de suite, « littéralement », aimé cette nébuleuse urbaine. Elle tente de comprendre pourquoi dans ce livre au titre apparemment paradoxal. Mais dont nous découvrons l’explication au détour d’une page : avec des collègues universitaires, six femmes originaires d’ailleurs réunies en un « groupe informel », elle a conclu que L.A. n’était pas une ville, que c’est par commodité qu’elle est ainsi nommée. C’est quoi alors ? « Un monde ». « Un territoire avec ce qu’un territoire contient de sauvagerie et de gravité, qui tient à la fois de la zone et de la cité, de la géographie et du politique. »


Pourtant, elle se montre très critique envers cette ville dépourvue de centre et traversée de voies rapides et d’autoroutes. Elle la trouve « mal bâtie, informe ». Semblant avoir été construite « sans aucun projet urbanistique, ni volonté politique. » « L’une des difficultés à se figurer la ville, écrit-elle, vient de l’impossibilité (…) d’en appréhender la taille et l’échelle. » Notant que, dans ses 1 302 kilomètres carrés, on peut faire entrer sept villes américaines (dont San Francisco et Boston), elle précise que c’est justement la distance qui « fonde l’identité de la ville » L’auteure (l’an dernier) de Relire, enquête sur une passion littéraire, chroniqueuse à Libération où elle s’alarme de la victoire de Trump (elle a créé un comité de résistance au sein de son université), n’est pas tendre avec les États-Unis dont elle critique « la brutalité du système libéral, le racisme endémique, les inégalités, la privatisation du système public, le délire de la surveillance ».


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