Le choix infini n’était peut-être pas le noeud du problème…


D’après un échange anormalement sérieux que j’ai eu récemment en Anglais avec Hideo Noguchi, une de ces belles rencontres fortuites faites à Tokyo. Traduction après traduction, il est fort probable que son texte original en japonais parlait de tout autre chose…

« Le chiffre « 39% » revient régulièrement dans la presse écrite et sur nos écrans depuis l’année passée. Que vous inspire ce pourcentage? Il s’agit du taux d’autosuffisance alimentaire du Japon de ces dernières années. D’environ 50% il y a vingt ans, il a continuellement baissé depuis pour passer maintenant sous la barre des 40%. Autrement dit, notre pays importe aujourd’hui plus de 60% de ses besoins alimentaires.

C’est le taux d’autosuffisance le plus bas parmi ceux des pays dits développés : à titre d’exemple, il est de 125% pour la France, 120% pour les États-Unis, 70% pour le Royaume-Uni et 50 % pour la Corée du Sud. Et celui de la Chine s’élève à 95%.

Les principales raisons de cette chute et de l’affaiblissement progressif de l’agriculture japonaise sont, principalement, une population de fermiers grisonnante, loin d’être renouvelée par une jeune génération de moins en moins attirée par l’agriculture et l’élevage, la diminution des terres cultivées ainsi que les changements dans les habitudes alimentaires des Japonais. Nous mangeons moins de riz et de légumes, aliments utilisés surtout pour la nourriture traditionnelle, et nous consommons plus de viande. En outre, nous mangeons de plus en plus souvent à l’extérieur où l’on trouve, dans les restaurants et les magasins, des plats à base de produits importés à bas prix. Cela revient souvent moins cher que de cuisiner chez soi. Un programme télé mentionnait l’autre jour que tous les ingrédients nécessaires à la réalisation du tempura-soba (une soupe populaire depuis le XVIIième siècle, à base de pâtes de sarrasin, de légumes, de crevettes et toutes sortes d’autres aliments frits ainsi que de soja servant à faire la sauce) sont aujourd’hui importés à l’exception des copeaux de bonite séchée (une sorte de thon qui, une fois séché puis raboté, aromatise les bouillons ainsi que de nombreux plats de la cuisine japonaise). Si l’importation de ces ingrédients devait être suspendue, nous ne pourrions plus manger ce plat traditionnel aujourd’hui! Une chose est sûre, c’est que, suite aux récents problèmes de sécurité alimentaire causés par certains aliments importés, les japonais sont de plus en plus concernés par notre dépendance excessive à ce type d’importations. Le gouvernement planifie d’augmenter le taux d’autosuffisance alimentaire actuel à 45% dans les cinq ans. Je reste toutefois dubitatif sur le degré de réussite de cet objectif endéans ce délai… »

Hideo

Vous connaîtrez ma réponse dès demain avec, surtout!, le taux d’autosuffisance alimentaire belge que je vous laisse imaginer d’ici-là…