Le grand art de la nouvelle


Michel Wagner m’avait déjà impressionné avec son roman précédent, “L’apparence de la mort”, sur la guerre de 14-18. On retrouve dans ces nouvelles toutes les forces du roman, magnifiées par les exigences de ce genre bref où seuls les meilleurs excellent. Certains personnages passent d’une nouvelle à l’autre, sans qu’il soit tout à fait certain qu’il s’agit des mêmes personnes ; et n’est-ce pas justement la richesse de la littérature de nous faire voir combien les êtres sont complexes, jusqu’à sembler, selon les regards, différents ? Ici encore, la guerre, mais aussi cette guerre miniature et parfois minable qu’est la chasse – laquelle initie, laquelle prolonge l’autre ? La chasse, comme chez le maître Maupassant, avec une cruauté plus marquée encore, trempée dans un siècle qui a élevé ces deux “arts” à des sommets d’horreur. Avec une plume aiguisée, acerbe, efficace ; un écrivain redoutable qui ne craint pas de mêler le style le plus pur aux sujets les plus terribles…