Le long martyr des chrétiens chinois


Ecrivain chinois célèbre dans son pays où ses livres sont interdits, exilé à Berlin depuis 2011, Liao Yiwu s’est fait connaître chez nous avec L’Empire des bas-fonds, publié en 2003 chez Bleu de Chine. Ont suivi Poèmes de prison. Le Grand Massacre. L’Ame endormie (L’Harmattan, 2008), ainsi que deux récits, Quand la terre s’est ouverte au Sichuan. Journal d’une tragédie (Buchet/Chastel 2010) et, surtout, Dans l’empire des ténèbres (François Bourin 2013). Dans cet ouvrage réédité chez Books Editions avec une préface de Marie Holzman et Jean-François Bouthors (directeurs de la la collection) et une postface de Herta Müller, Prix Nobel de Littérature, il raconte ses quatre années de prison entre 1990 et 1994. Né en 1958, celui qui se définissait comme un «poète vagabond» a mené pendant trente ans une vie déconnectée de la réalité sociale et politique de son pays. Ce sont les événements de la place Tiananmen de juin 1989 et la terrible répression qui a suivi qui ont rompu cette vie de bohème. Un poème, Massacre, et un film, Requiem, ont fait de lui un dissident et l’ont conduit à passer en détention quarante-six mois jalonnés d’interrogatoires musclés, de tortures, de brutalités et humiliations diverses. Mais aussi de moments de fraternité, notamment avec un autre poète, Li Bifeng, toujours emprisonné. Il a mis quinze ans pour venir au bout de son témoignage dont les autorités chinoises ont à deux reprises confisqué le manuscrit et qui circule aujourd’hui clandestinement.