Le monde comme il s’en va, 11, 10

En voilà un, écrivain américain dont (on le comprendra à la lecture) il n’est pas judicieux de livrer le nom, qui est « professionnel » jusqu’au bout des ongles :

« J’ai dit à ma femme que je m’en chargeais, et elle a été attendre dans la voiture avec ma fille, en faisant déjà tourner le moteur. J’ai écrit la date et j’ai commencé. « Chère Madame Bidule, ma fille Caroline… » – non, Caroline est évidemment ma fille. J’ai déchiré la page et j’ai recommencé : « Hier, mon enfant… » Non, ce n’était pas mieux. Et j’ai continué comme ça jusqu’à ce que j’entende un coup de klaxon. Ma gamine était en pleine panique. Il y avait tout un tas de pages froissées par terre. Ma femme a déboulé, et a crié « Oh non, je n’y crois pas ! Je ne peux pas croire ça ! » Elle a pris le bloc-notes et un crayon, pour rédiger en un éclair quelques lignes. J’avais essayé de rédiger le mot d’absence parfait. Cette expérience a été très édifiante pour moi. Ecrire est immensément difficile. Les textes courts en particulier ».

Et même au-delà, jusque dans les conclusions qu’il tire de cette « expérience »…

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