Le monde comme il s’en va, 11, 4

ll vaut mieux écouter ou lire ceux qui savent de quoi ils parlent, parce que c’est justement pour cela qu’ils en parlent bien : prenons Mario Vargas Llosa, écrivain et Prix Nobel, à une époque candidat malheureux à la Présidence du Pérou :

« J’ai fait une découverte déprimante. La politique réelle – non celle qui se lit et s’écrit, se pense et s’imagine, la seule que je connaissais, mais celle qui se vit et se pratique au jour le jour – n’a presque aucun rapport avec les idées, les valeurs, l’imagination, les valeurs théologiques, avec la société idéale que nous aimerions bâtir. Ni, pour le dire crûment, avec la générosité, la solidarité et l’idéalisme »

C’est bien là le problème : le discours politique doit (au sens de : ne peut que) emprunter toujours les mêmes sillons, par exemple en promettant à chaque fois le « changement » ; il est désormais si épuisé qu’il ne peut plus rien contre sa propre usure, puisqu’il est encalminé dans son propre langage et sa propre phraséologie. En s’en remettant à la formulation de Vargas Llosa, si l’on considère que la politique est avant tout fondée sur un rapport de forces, on peut enlever son « presque ».

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