Le monde comme il s’en va, 11, 5

Il y a des fantômes bienveillants, et qui veillent bien.

« Pina a eu la force, et aussi la dureté, de diriger une compagnie pendant des années, alors que c’était quelqu’un de très délicat. Pisa se reposant au bord d’un lac : impossible ! Une fois, elle est passée chez moi pendant des vacances, avec Rolf. Au bout de deux semaines, je n’en pouvais plus. Nous faisions huit cirques dans la journée, et le soir on pensait encore à ce qu’on ferait. Le pire jour de l’année pour elle, c’était le 24 décembre, qu’on passait en famille. Elle a bien essayé de m’entraîner, une fois… »

« Je suis plutôt garcon manqué. Je me maquille très peu pour les spectacles, sauf lorsque j’en ai envie, et Pina ne m’a jamais demandé de le faire. Je me suis coupé les cheveux en 1992, à la mort de mon père. Un geste spontané de deuil. Pina ne m’a rien dit, mais j’ai bien vu qu’elle n’était pas contente. Elle préférait les cheveux longs, car les cheveux dansent aussi ».

Deux danseuses de Pina Bausch parlent d’elle, et on peut la voir devant nous, sur scène, à l’écran, dans un journal, sur une affiche, dans un livre. Rien n’est jamais fini.

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