Le monde comme il s’en va, 11,7 et 11,8,2

Dans la foulée de deux contributions précédentes (25 et 29 août), une evocation d’un autre professionnel :

« Je ne me souviens pas sans un sourire de pitié pour moi-même de mon tout premier rewriting pour la collection Harlequin. C’était un volume de la collection « historique », trois cents pages de fadaises élisabethaines avec en point d’orgue le sauvetage de l’oie blanche par le fougueux marquis pendant le grand incendie de Londres en 1666.  C’était bien sûr une sorte de test et, ayant à coeur d’éblouir d’éventuels employeurs réguliers, j’y avais consacré trois semaines pleines : paragraphes au cordeau, pas une épithète qui dépasse, mon chef-d’oeuvre des Compagnons du Devoir. J’y avais même glissé une phrase de Flaubert : « Ce fut comme une apparition ». J’étais jeune alors ».

Celui-là est surtout devenu professionnel après cette première expérience, parce qu’il s’est rendu compte, aussitôt après le depôt de ce manuscrit, que prendre autant de temps pour écrire cette « fadaise » n’était franchement pas rentable : la fois suivante, il a été beaucoup plus rapide, et son « cordeau » s’était relâché. Et puis, même s’il est plutôt méritoire d’avoir inséré du Flaubert à la dérobée dans un nanar, la phrase choisie n’est en elle-même pas très representative de l’auteur…

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