Le monde comme il s’en va, 14,5

Pas d’inquiétude : si Donald Trump reste d’une grande sobriété et ne s’autorise jusqu’ici aucun écart de langage sur l’état de santé de sa rivale, nul doute que ces inhabituelles pudeurs seront balayées le moment venu – et pour commencer lors du premier débat entre eux, le 26 septembre.

Quant à Hillary Clinton, c’est jusqu’ici une très sérieuse candidate à l’Oscar de l’une des plus mauvaises campagnes électorales, ce qui peut surprendre de la part d’une politique aussi aguerrie. D’abord, il lui a fallu batailler ferme pour écarter Bernie Sanders, son concurrent à l’investiture démocrate, au point de devoir endosser une partie significative de son programme (pourtant très à gauche selon des critères américains) ; pour les électeurs de Sanders, qui peinent à se reporter sur elle, Clinton personnifie la proximité avec Wall Street et les relations incestueuses avec « le monde de la finance », et pour d’autres, plus nombreux, elle incarne les élites déconnectées du réel et les dynasties politiques qui accaparent depuis des décennies la politique aux Etats-Unis ; l’affaire de ses mails personnels, et son usage d’un serveur privé (en fait son adresse électronique personnelle, plus exposée au piratage) quand elle dirigeait la diplomatie américaine, revient périodiquement en boomerang ; elle a (comme son mari) un rapport problématique avec la vérité, ce qui lui vaut un deficit de confiance récurrent dans l’opinion ; elle vient d’injurier, en les qualifiant de « pitoyables », les électeurs de Trump, reproduisant ainsi le jeu clivant de ce dernier, encore une grossière erreur. Et maintenant, ses affres et ses atermoiements sur ses ennuis de santé.

On envisage désormais, comme un cas de figure parmi d’autres, de la remplacer (ce qui, rappelons-le, avait aussi été évoqué pour son rival « républicain »). On n’en est pas là. Quoi qu’il en soit, Hillary Clinton devra être impeccable (et d’un bout à l’autre transparente) sur le chapitre délicat de sa santé pendant toute la durée de son mandat – et aussi du second, si elle est réélue. A défaut, ce serait son parti, qui l’aurait désigné malgré tout, qui en pâtirait pour longtemps.

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