Le monde comme il s’en va, 22

On en parle relativement peu, mais il y a un autre pays où la formation d’un gouvernement prend beaucoup de temps. L’Espagne est en affaires courantes depuis décembre dernier, et deux élections n’ont pas permis de dégager une majorité claire (bien sûr, on en est seulement à environ 250 jours de crise, encore loin des 541 qui ont été nécessaires pour former le gouvernement Di Rupo…). Cette situation est due à la nouvelle configuration politique, où désormais quatre partis principaux se retrouvent aux Cortès, au lieu des deux (le Parti Populaire de droite et les socialistes du PSOE) au pouvoir en alternance depuis le retour de la démocratie. Une telle fragmentation est l’ un des aléas d’une proportionnelle intégrale. Le PP vient d’entamer des négociations avec Ciudadanos, un parti récent, libéral et centriste : mais à eux deux, ils n’auraient pas de majorité absolue, et doivent  donc compter sur l’abstention des socialistes (qui s’y refusent jusqu’ici), sous peine de devoir retourner une troisième fois en moins d’un an aux urnes – un imbroglio comme on les aime ici.

Cela étant, on peut aussi se dire que, si ces deux partis nouveaux (Podemos étant l’autre) n’avaient pas emerge, jamais sans doute les mesures contre l’intolérable corruption à tous les niveaux de pouvoir exigées maintenant n’auraient été envisageés. Car les deux partis dominants jusqu’ici ne se sont pas contenté de se partager à tour de rle le pouvoir : ils s’en sont aussi réparti les dividendes…

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