Le monde comme il s’en va, 23

Ainsi donc, les habitants d’Haïti n’ont même pas eu le choix entre la peste du tremblement de terre de 2010 et le choléra, apporté par un bataillon népalais des Nations Unies censé contribuer à la reconstruction du pays, alors que cette maladie avait été éradiquée depuis un siècle dans l’île.On sait depuis longtemps que l’épidémie, qui a fait à ce jour au moins 10.000 morts et 800.000 victimes de la bactérie, a été provoquée par le dépôt d’eaux usées et de matières fécales directement dans l’affluent d’une rivière au bord duquel le bataillon en question était stationné. Dans une déclaration alambiquée, un responsable onusien a simplement reconnu que l’organisation « doit faire plus » pour combattre le fléau. Pas vraiment un aveu… Le seul discours clair, et constamment reproduit, est le refus d’envisager une quelconque indemnisation (qui, il est vrai, porterait sur un montant entre 30 et 40 milliards de dollars), au nom de « l’immunité » de l’institution.

Quand les mots sortent couverts, c’est le signe d’une maladie honteuse.

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