Le monde comme il s’en va, 24, 2

Une candidate « apaisée », Marine Le Pen ? C’est du moins ainsi qu’elle se présente, en attendant de démarrer sa campagne pour la présidentielle française de 2017. C’est toujours le même procédé : retourner l’argument de l’adversaire, qui ne trouve pas la parade et est pris à contre-pied, et s’engouffrer dans la brèche sous les yeux ébaubis des « observateurs » et, plus embarrassant, des électeurs. Exemples canoniques : nous (au Front National) sommes les vrais progressistes, car les progressistes (notamment la gauche) ont trahi en s’accrochant à leurs privilèges et sont donc les pires conformistes et conservateurs du lot ; de même, les antiracistes, outre qu’ils sont le plus souvent mondains, ont provoqué la dégradation constant des relations entre les communautés du pays ; Mai 68 et la « déconstruction » qui ont émergé alors sont les fossoyeurs de toutes les valeurs morales et les causes objectives du déclin de la France, et sans doute de l’Occident, etc. Donc, le message est : « Je ne suis en rien agitée ni extrémiste, et je suis prête à être aux responsabilités ». N’empêche : si elle veut gouverner, Marine Le Pen devra bien finir par quitter la fonction tribunicienne à laquelle les institutions de la Vème République la contraignent jusqu’ici, faute de pouvoir nouer des alliances en vue d’occuper le pouvoir. Mais, toute à sa posture « sereine » et « apaisée », elle a l’air de croire que cela se fera et que, à rebours de 2007, c’est le FN qui siphonnera les voix de la droite de gouvernement.

Même la récente fadaise d’Eric Zemmour l’a laissée de marbre – il est vrai qu’il considère que « Marine Le Pen a toujours été de gauche », voire gauchiste ou gauchisante. Mais on peut aussi bien retourner l’ affirmation : Eric Zemmour a-t-il jamais été à la gauche de qui que ce soit ou de quoi que ce soit ?

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