Le monde comme il s’en va, 24,4

François Hollande reçoit beaucoup de journalistes ou d’historiens, et se confie volontiers à eux, pour qu’ils en tirent des livres ou des entretiens dans les journaux. On suppose que c’est pour donner une certaine lisibilité à son mandat et à son action, pour servir de base à sa campagne future, et aussi pour dresser, quoi qu’il arrive, son portrait devant l’Histoire. Tout cela peut paraître assez dérisoire : son bilan est considéré comme mince, voire étique ; et selon les plus récents sondages, il n’aurait aucune chance d’être présent au second tour de l’élection suprême en 2017, ce qui, pour un Président en exercice, en dit vraiment très long.

Dans un entretien avec Marcel Gauchet et Pierre Nora (Le Monde du 15 septembre 2016), il voit pourtant juste sur ce point : « La gauche de gouvernement devient suspecte dès qu’elle accède aux responsabilités et son destin est de toujours être accusée de trahison. Il n’y a pas d’exemple d’une gauche au pouvoir qui n’ait été sous la pression des procureurs de l’alternative (…) La gauche est toujours belle dans l’opposition, non seulement parce qu’elle retrouve la blancheur de ses mains, mais aussi parce qu’elle mythifie ses réformes passées, en oubliant combien il était dur de convaincre de leur bien-fondé quand elle était aux responsabilités. Ce réenchantement a posteriori n’est pas sain ». Et il ajoute : « Le surmoi que représentait à une époque le Parti communiste pour la gauche est toujours très fort. Il ne s’appelle plus « communisme », mais « alternative », « autre gauche » ou « insoumis ».

Eh oui, même avec Lui, Président…

Posts récents

Voir tout