Le monde comme il s’en va, 24,7

Quel étrange sphinx que François Hollande… Si soucieux de se mettre dans les pas de François Mitterrand, modèle avoué de « maître du temps », il reçoit pourtant à la chaîne des journalistes qui n’en finissent pas de répercuter ses confidences. Et, quand Mitterrand avait des sincérités successives – et parfois simultanées -, les entretiens de Hollande révèlent surtout ses contradictions, ses revirements, ses changements de pied, rendant sa pensée confuse et comme perdue : bref, quand l’un était énigmatique, l’autre est insondable…

De toutes ces paroles, que reste-t-il ? Un flot qui n’est pas un flux ; des vues sans vision. L’impression persistante que l’histoire est jouée et qu’il préfère encore l’écrire (ou la faire écrire) lui-même, pour espérer orienter la teneur des futurs bilans et inventaires. Si Hollande met l’accent sur le fait que, pendant son quinquennat, il a mené une « politique de gauche », eh bien elle a été si mélangée que la gauche elle-même n’y retrouverait pas ses petits…

A force d’avoir fait de la « synthèse » sa marque de fabrique, François Hollande n’est plus qu’un produit de synthèse, dont la gauche est une composante résiduelle. Et si, campagne électorale oblige, pour mobiliser, il en venait à prendre des accents de gauche, c’est qu’ils lui auront échappé…

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