Le monde comme il s’en va, 29

Il n’y a pas que ses erreurs qui vaudront à Dilma Rousseff, Présidente du Brésil, d’être sans doute destituée prochainement. Certes, elle semble avoir embelli les comptes d’un exercice budgétaire pour dissimuler le début d’une conjoncture économique défavorable et, plus généralement, a déçu la base de ses électeurs du Parti des Travailleurs en menant une politique trop réformiste (ou pas assez audacieuse). Mais la procédure d’impeachment, qui sera soumise au vote les 30 et 31 août (et que Rousseff qualifie de « coup d’Etat »), est exclusivement parlementaire : et elle est menée par des opposants formant une sorte de beau linge qu’il vaut la peine de décrire. L’homme qui a lancé la procédure de destitution, ancien président de la Chambre des députés, est accusé de corruption et de blanchiment d’argent. Le Sénat, qui jugera la présidente, est, selon un site d’information local, composé au tiers d’élus qui font l’objet de poursuites criminelles. Rousseff sera remplacée par l’actuel vice-président, pourtant réputé inéligible pendant huit ans pour avoir dépassé la limite autorisée des frais de campagne. Le bras droit de celui-là a été confondu par une écoute téléphonique, où il réclamait explicitement un changement de gouvernement pour freiner l’enquête ayant mis à jour ces pratiques – que la présidente elle-même a plutôt accéléré, au point que son propre parti y est désormais impliqué aussi… Pour comble, l’un de ces purificateurs, admirateur avoué de la dictature militaire au pouvoir jusqu’en 1985, a annoncé « dédier son vote » à celui (un général) qui était personnellement responsable des tortures infligées à la future présidente pendant cette période. Bref, le genre de « beau linge » qui ne peut que s’assombrir…

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