Le monde comme il s’en va, 35

Au fond, est-on bien sûr que Le Loup de Wall Street, annoncé comme un film de Martin Scorsese, a réellement été tourné ? Leonardo Di Caprio y incarnait les excès de la finance : et justement, il est impliqué dans une affaire de blanchiment et de pillage d’un fonds souverain malaisien, surnommé 1MDB, censé servir l’économie du pays, mais dans lequel ce sont plutôt ses dirigeants qui ont tapé dans la caisse. Ayant aussi financé Le Loup avec cet argent sale, ils ont ainsi pris langue avec l’acteur et se sont associés à lui, notamment en finançant la construction d’un club huppé de Las Vegas, où l’acteur, sur la lancée de sa composition bigger than life dans le film, a fêté son 40ème anniversaire en aspergeant une pièce de champagne pour l’équivalent d’un million de dollars – on suppose que le remplacement de la moquette a été payé par les mêmes canaux… Pour contrebalancer et se racheter une conduite, l’un de ces milliardaires abusifs a versé une contribution substantielle à la fondation humanitaire de Caprio, ce qui est bien dans l’air du temps. Bref, on s’y croirait : ou plutôt, le film s’y croirait…

Bien entendu, pour donner le change, dans cette dénonciation des moeurs de Wall Street, les noms, selon la formule consacrée, ont été modifiés : et, pour coller aux réalités locales,  les protagonistes malaisiens ont été remplacés par un casting américain : mais personne ne pourrait s’y tromper…

Il ne reste plus à Di Caprio qu’à faire un nouveau numéro d’acteur, en surjouant l’acte de contrition et en exprimant des regrets surnuméraires ; ou à laisser du temps au temps, histoire que ses grands discours sur l’état de la planète soient à nouveau synchrones avec son hygiène de vie.

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