Le monde comme il s’en va, 40

En voilà un qui garantit une ambiance du tonnerre : « La pression est de retour. Nous avons vraiment besoin de progresser. L’été est fini. Il faut ranger le matériel de camping ».

Dijsselbloem.

Le Président de l’Eurogroupe semble être particulièrement inspiré par l’air de la Grèce ; ou peut-être davantage encore par l’air conditionné du Hilton d’Athènes – quoique le rapprochement entre le « matériel de camping » et le luxe de cet hôtel puisse à première vue paraître incongru. C’est là, dans les « fameuses salles de réunion » qu’évoque Le Monde, que les ministres grecs se retrouvent devant les représentants des créanciers du pays, pour négocier un accord permettant de débloquer le versement d’une tranche de 2,8 milliards d’euros de prêts, en « échange » d’une quinzaine de réformes supplémentaires allant dans le sens d’un dépeçage toujours plus poussé du pays.

Dijsselbloem était moins guilleret durant la crise chypriote de 2013, quand, en déclarant que le plan de sauvetage du secteur bancaire de l’île pouvait faire école pour d’autres pays de la zone euro alors que ses pairs s’étaient accordé pour parler d’un « cas unique », il faisait plonger les Bourses. Et le voilà donc, social-démocrate à l’extrême pointe de la modernité technocratique, se souciant comme d’une guigne de savoir si la dette grecque, à cause de son énormité, est « gérable » et que les objectifs budgétaires assignés au pays soient « réalisables ». Tant qu’il y aura de l’air conditionné au Hilton d’Athènes, un Dijsselbloem aura les idées claires, à défaut d’être justes.

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