Le monde comme il s’en va, 42

Rudi Vervoort, le Ministre-Président de la Région Bruxelloise, considère qu’il y a trop d’élus dans les institutions de la Capitale, et propose, selon cette logique d’ailleurs entendue plus au nord depuis longtemps, d’amorcer une réflexion sur la nécessité de réduire (de 30%) le nombre de mandataires communaux, d’échevins et députés régionaux, ces derniers passant de 89 à 75.

Pour cette dernière fonction, il est bon de rappeler que l’on était passé, en 2001, à 89 députés en partant de 75. Comme il y a, au Parlement Bruxellois, une règle de la double majorité (francophone d’une part et néerlandophone d’autre part) à trouver pour former un gouvernement, à l’époque les proportions respectives étaient de 64 et 11 ; or, le Vlaams Blok (appellation d’origine, devenu Vlaams Belang en 2004) était alors le premier parti flamand de la capitale, et, avec 4 députés (sur 11 et, en réalité sur 75, pour mémoire), menaçait de bloquer les institutions bruxelloises, puisqu’aucun autre parti flamand ne voulait gouverner avec lui, et qu’il était de plus en plus difficile de trouver une majorité côté flamand sans lui. D’où l’idée de sécuriser la chose : aux accords dits du Lombard, on passa donc à un parlement de 89 députés, pour réduire les risques de paralysie de l’institution, qui se serait naturellement automatiquement répercutée au niveau fédéral. De sorte que, après ces accords, la représentation garantie des flamands à Bruxelles était montée de 14,6% (11 députés sur 75) à 19,1% (17 sur 89), alors même que le pourcentage de la population néerlandophone à Bruxelles déclinait régulièrement.

Pas de panique : cette réduction exigerait une révision de la Constitution, donc à un autre niveau que l’échelon régional, en l’occurrence au fédéral. Mais on peut voir dans cette sortie de Vervoort une manière de se placer dans la perspective des négociations sur une septième réforme de l’Etat, au cas où…

L’histoire se répète, mais pas toujours pour les mêmes raisons.

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