Le monde comme il s’en va, 44,2

Si être populiste, cela veut dire que, à un moment donné, il ne suffit plus de parler, alors le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, l’est indubitablement.

Et populaire.

Un référendum est organisé par ses soins ce dimanche, certes pour répondre à une consultation, mais aussi pour lui donner un plébiscite. « Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation (de 160.000 demandeurs d’asile actuellement stationnés en Grèce et en Italie, dont un quota de 1.300 devraient être « accueillis » dans le pays) obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l’approbation du Parlement hongrois ? » : à cette question à peine subliminale, un sondage récent estime qu’il sera répondu négativement à 90% – et à 60% dans l’électorat dit de gauche. La seule interrogation réside dans le fait de savoir si le seuil de validité de 50% des inscrits sera atteint.

Il n’y a là aucune schizophrénie. La Hongrie n’a absolument pas l’intention de quitter l’Union : Orban cherche avant tout à délégitimer la construction communautaire et, si le référendum est validé, à inscrire dans la Constitution la prééminence du Parlement hongrois sur Bruxelles en matière d’immigration – en attendant le reste, probablement. Selon les termes d’un politologue de droite, « l’élite hongroise a besoin du marché, de l’argent et du savoir-faire de l’Union européenne » ; et de conclure : « Nous ne voulons pas quitter l’Union européenne, mais l’altérer de l’intérieur ».

« Altérer », le mot est diablement intéressant. Et l’Union, soucieuse de maintenir une « unité » toujours plus sujette à caution, l’avalera.

Posts récents

Voir tout