Le monde comme il s’en va, 44,4

Au dernier congrès de son parti, début octobre, Theresa May, Première Ministre britannique, a donné un aperçu du « hard Brexit » qu’elle s’apprête à négocier avec l’Union Européenne. Au programme, exiger des employeurs qu’ils publient la liste de leurs salariés étrangers et, en corollaire, « débusquer » selon ses propres mots (on est hard ou on ne l’est pas…) les entreprises qui préfèrent embaucher des étrangers plutôt que former des Britanniques. Les ministres de son gouvernement se sont cru tenus de surenchérir : restrictions visant l’arrivée de nouveaux étudiants étrangers, renoncement à la venue de médecins étrangers, voire (suggestion très smart d’un ancien ministre conservateur) « le remplacement des Européens par des handicapés britanniques ».

Tout cela est bien dans la ligne des pulsions populistes qui fleurissent (façon de parler) en Europe ; de telles mesures ne demandent qu’à y être affinées (manière de dire) partout sur le continent. Si elle s’en tient à ce langage, on ne peut que dire à Mme May : Par ici la sortie… Mais les milieux d’affaires et la City de Londres s’insurgent : depuis le référendum de juin, la livre sterling dévisse en continu et a perdu 18% de sa valeur par rapport au dollar. Et, pour ces milieux économiques et financiers, peu portés sur la fermeture des frontières, il ne sera pas simple de renoncer à ses échanges avec le marché unique européen : pour eux, ce sera une marche forcée dans une sortie à reculons…

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