Le monde comme il s’en va, 44,5/27,2,2

Au fond, cette affaire de CETA met avant tout en scène des conceptions différentes de l’amitié…

Bien sûr, la Wallonie veut continuer à faire du commerce avec les « amis canadiens ». Bien sûr, le Canada, « le plus européen des états américains » respecte la demande des « amis wallons » de prévoir des normes environnementales et une clause de sauvegarde sociale et sanitaire, et une protection du secteur public, outre des garanties sur la cour d’arbitrage en matière d’investissement, prévue par le projet de Traité. Comment de tels « amis », réunis autour de « valeurs communes », pourraient-ils trahir la confiance de l’autre sans se trahir eux-mêmes ? Et on ne fait pas pleurer une « amie », fût-elle Ministre canadienne du Commerce…

Mais peut-être est-ce justement l’une de ces « valeurs communes » qui est venue semer le trouble, parce que les uns, outre qu’ils la considèrent inéluctable, pensent que la mondialisation est d’abord une question de liberté économique et doit s’appuyer sur une déréglementation maximale, et les autres non ; et puis, les « normes » ne sont pas exactement comprises de la même manière chez ceux qui entendent trouver des débouchés pour leur viande aux hormones ou leur maïs transgénique, tandis que les autres veulent pérenniser des filières d’excellence agricole : il y avait donc apparemment des ressorts inattendus et des vices cachés dans cette « amitié ».

Dans tout cela, une « amie commune » (l’Union Européenne) s’efforce de ramener les « amis » à la table de négociation et de leur arracher une signature : mais sa volonté de dramatiser les enjeux et les échéances ne fera pas oublier qu’elle est un Cheval de Troie dans son propre camp…

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