Le monde comme il s’en va, 46

En obtenant, après huit ans de procédure, deux procès en correctionnelle, deux condamnations pénales, une cassation sur les interêts civils et un troisième procès uniquement civil, que sa note passe de 4,9 milliards d’euros, réclamés par la Société Générale, son ancient employeur, à un seul million de dommages et interêts, Jérôme Kerviel a-t-il vraiment gagné au change ? Avec cette amende « à taille humaine », s’en tire-t-il à bon compte ?

A vrai dire, le jugement récent de la Cour d’appel de Versailles le fige sous les oripeaux d’un ancient trader « malintentionné », ayant profité des failles de la sécurité pour commettre des actes délictueux, même si le tribunal confirme « le caractère éminemment lacunaire des systèmes de contrôle de sa banque ». Kerviel est donc, selon le tribunal, bien loin d’un statut de martyr auquel il a eu recours dans la présentation, notamment médiatique, de son litige avec la Société Générale : et celle-ci ne se fera pas faute d’exiger le remboursement de l’addition « humaine », qui, même écrasée à 0,02% du montant originel, cette fois est définitivement due.

Comme quoi, dans le monde qui reste, c’est encore la banque qui, bien qu’amputée d’une somme de 4,899 milliards d’euros de ses clients, peut crier victoire, pour autant naturellement que l' »humain » Kerviel soit solvable.

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