Le monde comme il s’en va, 47

Ce Corbyn, quel espace-temps ?

Jeremy Corbyn a été réélu triomphalement à la tête du Parti travailliste, à 61,8% du vote des militants, lors d’un congrès à Liverpool. Mais il est minoritaire parmi les députés de son parti à la Chambre des Communes, qui le tiennent pour une sorte de dinosaure antédiluvien au programme et au discours issus en droite ligne des années 70 (y compris sur la dissuasion nucléaire…) et qui affirment qu’il est complètement déconnecté des réalités du pays : certains le soupçonnent même de ne pas vraiment vouloir revenir au pouvoir, mais plutôt de créer un grand et informel mouvement social d’activistes, agrégeant un grand nombre de courants mais voué politiquement à demeurer indéfiniment dans l’opposition. Deux mondes parallèles, dont l’un considère l’autre comme dépassé et dont l’autre considère l’un comme traître.

En somme, on reproche à Corbyn de vouloir effacer l’ardoise idéologique laissée par le New Labour de Tony Blair et Gordon Brown, et leurs accents libéraux particulièrement prononcés ; et à prôner le « retour de l’Etat » et des nationalisations. En Grande-Bretagne comme ailleurs, on cherche un logiciel qui pourrait constituer une alternative au néolibéralisme et qui ne serait pas vue comme une régression : pour l’instant, on puise surtout dans les anciennes formules et les traces trop profondes du passé.

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