Le monde comme il s’en va, 48

Un symbole particulièrement lourd du monde qui, non seulement ne s’en va pas, mais a bien l’intention d’aller plus loin (c’est-à-dire plus bas) dans ses présupposés, c’est un GrandiNavi, un bateau de croisière surdimensionné qui, plusieurs fois par jour pendant la pleine saison touristique, descend le canal de la Giudecca au ralenti, moteurs éteints, en frôlant les palais et les églises avant de déboucher sur le bassin de Saint-Marc et de repartir vers l’Adriatique :


Bien sûr, on dira que ce n’est qu’une attraction de plus dans une ville qui n’est elle-même qu’attraction, dans tous les sens du terme, y compris dans la contemplation d’une cité qui s’enfonce et engendre ainsi une forme de morbidité. La « raison économique » dira que le passage de ces navires, péril pour la lagune, déverse aussi des flots de touristes qui permettent de maintenir des emplois directs ou indirects dans une ville qui continue à perdre des habitants. D’ailleurs, même si, depuis un décret de 2012, l’entrée de la lagune est interdit à ces bateaux de croisière, en réalité il reste autorisé tant qu’une solution alternative n’aura pas été trouvée.

Exactement comme pour ce monde particulièrement lourd lui-même…

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