Le monde comme il s’en va, 49,2

Comme esquissé auparavant (voir la chronique du 4 octobre), le gouvernement de Mariano Rajoy, à la tête d’une coalition entre son Parti Populaire et les libéraux-centristes, va pouvoir se constituer dans les jours qui viennent en Espagne. En décidant de s’abstenir lors du vote d’investiture de cette coalition minoritaire, le Parti Socialiste (PSOE) certes ne prend pas le risque d’un troisième scrutin qui l’aurait fait reculer à un nouveau plancher historique, mais permet la formation d’un gouvernement que, jusqu’il y a peu, il considérait comme menant « une politique néfaste, contre les libertés citoyennes, néolibérale, d’austérité, et qui justifie la corruption comme mode de gestion ».

Dès lors, ne prend-il pas sur la distance un risque plus grand que celui de ne pas reculer à court terme ? Qui peut croire qu’une telle option, grâce à laquelle pour la première fois en Espagne la gauche sert de marchepied à la formation d’un gouvernement de droite, qui plus est malgré l’opposition de ses militants dans un pays encore fracturé par la sanglante guerre civile des années 30, restera sans suite et pourrait être oubliée ? Le PSOE est désormais menacé de scission, ou d’être en partie absorbé par la gauche radicale de Podemos : et la social-démocratie ne pourra pendant longtemps qu’accumuler les mauvais jours, sans avoir les ressources de construire aucun compte à rebours positif…

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