Le monde comme il s’en va, 50

Au vélodrome de Lyon, dans sa tentative aboutie de ne pas battre le record du monde de l’heure d’Eddy Merckx à Mexico en 1972, en présence du « cannibale » en personne et de quelques autres vieilles gloires du peloton et d’une assistance acquise à sa cause, Jan Fabre a fédéré toutes sortes de publics. Bien sûr, il y a ceux qui considèrent que, décidément, l’art contemporain « c’est vraiment n’importe quoi » ; mais aussi les participants (Merckx, Poulidor, etc), anciens professionnels qui ont joué le jeu en narrant avec le plus grand sérieux une tentative d’emblée vouée au fiasco, montrant ainsi des ressources insoupçonnées en matière de commentaires distanciés (comme ce « Eddy, écoutez ce que dit Jan Fabre : « Le succès ne m’appartient pas, l’échec ne m’appartient pas, mais les deux ensemble font que je suis qui je suis », par un ancien commentateur du Tour de France), les amateurs de performances (artistiques), mais aussi ceux pour démontrer que le culte de la performance physique n’est qu’un leurre.


Et pour ce faire, Fabre, déjà ravitaillé en morceaux de viande rouge qu’il portait à l’épaule ou déchirait à pleines dents (le « cannibale », vous comprenez…) ne pouvait qu’allumer une cigarette à la 52ème minute de son tour d’horloge…

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