Le monde comme il s’en va, 51

Haiti a été en partie dévasté par le passage de l’ouragan Matthew, mardi dernier. L’ONU, qui connaît bien la question pour l’avoir occultée pendant des années, craint la résurgence du choléra, revenu dans le pays depuis le tremblement de terre de 2010. Mais, en plus de toutes ces plaies, Haiti doit encore souffrir d’autre chose, comme en atteste l’un de ses écrivains-phare, Lyonel Trouillot : « Je suis content d’être dans votre pays aussi charmant que désespérant ». Cette phrase m’a été dite par une autorité consulaire. La diplomatie se relâche. Plus de retenue. Les digues du langage se sont effondrées. Même les officiels américains y vont de leur phrase : « Votre pays a tellement de problèmes que je suis obligé de vous consacrer mon samedi ».

Et un observateur, chercheur à Louvain-la-Neuve, pointe encore ceci : « En Haiti, le problème est qu’il n’y a pas de structures d’Etat qui tiendraient des programmes sociaux sur le long terme. Il y a, au contraire, une déresponsabilisation de l’Etat par ces organisations internationales qui mènent des programmes d’urgence en se substituant aux autorités ».

Leurs propres programmes d’urgence, et non une reconstruction « en mieux », pour rendre les améliorations pérennes. Et ce n’est pas le passage de Matthew qui aura inversé la tendance…

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