Le monde comme il s’en va, 56

Il n’aura rien fallu de moins que la cupidité d’une lignée de propriétaires pour que le Ministre autrichien de l’Intérieur annonce son intention de raser la maison natale d’Hitler. Le tableau de chasse, pour ainsi dire, de cette famille est éloquent : dès les années 30, elle organisait des visites payantes de la chambre du dictateur ; puis elle a vendu l’immeuble pour une somme exorbitante au parti Nazi en 1938, avant de le récupérer en 1946 en décrivant cette vente comme forcée. Depuis 1972, l’Etat autrichien lui verse un loyer mensuel de 4.700 euros, contrat dénoncé en 2014 dans un hebdomadaire. Le bâtiment, longtemps occupé par une association d’aide aux handicapés, est vide depuis 2011 : et la génération actuelle de ces propriétaires s’est opposée depuis lors à tout projet, escomptant sans doute encaisser une énième plus-value. Mais, cette fois, un projet d’expropriation a été introduit, en vue de réduire cette maison natale en cendres et d’y ériger une autre moins compromettante, afin de prévenir tout risque de pélérinage des nostalgiques qui redressent la tête partout en Europe.

Au bout d’un temps, la mémoire n’a plus que faire de tells spéculations…

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