Le monde comme il s’en va, 57

Qui peut dire d’une opposante, à qui il prête une liaison avec un homme qu’il accuse de jouer un rôle d’intermédiaire avec des trafiquants emprisonnés pour faire remonter l’argent de la drogue dans le financement de sa campagne électorale, qu’elle « n’a pas baisé que son chauffeur, elle a baisé toute la nation » ? Ou plutôt (ou mieux), quel dirigeant peut, en prononçant cette formule, gagner en popularité et monter dans les sondages ? Qui est fidèle à sa promesse électorale : « Si je suis élu Président, ce sera sanglant » ? Qui peut laisser le meneur d’un gang de braqueurs en détention, appelé à témoigner contre cette opposante, livrer son numéro de portable lors d’une audition retransmise sur les chaînes nationales, donnant le feu vert à des milliers de messages de menaces, sans appeler à respecter certaines limites (un mot visiblement imprononçable pour lui) ? Qui peut affirmer que les drogués, « il vaut mieux les tuer », en donnant au passage un blanc-seing aux tueurs : « Si vous connaissez des toxicos, allez-y et tuez-les » ? Et qui couvre ces tueurs, pas toujours de la police et parfois de gangs qui règlent leurs comptes ou se débarrassent de gêneurs ou de témoins sans être poursuivis – selon l’adage voulant que les morts ne parlent pas ? L’odeur de la poudre s’est étendue sur tout le territoire d’un archipel situé entre 116°40’ et 126°34’ de longitude Est et 4°40’ et 21°10’ de latitude Nord.

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