Le monde comme il s’en va, 59

Certains imbroglios sont faciles à démêler, comme il y a des récits à tiroirs dont la substance se livre dès l’ouverture du premier.

Armand De Decker. Le Kazakhgate.

Certes, il faut se méfier des journalistes justiciers, qui ont tendance à vouloir dicter leur conduite et orienter le verdict de ceux qui devront juger un présumé fautif, s’il s’agit d’un politique (« Voilà ce qu’ont factuellement établi les enquêtes judiciaires franco-belges à propos de ces rencontres des 20 et 22 février (avec le Ministre de la Justice de l’époque, Stefaan De Clerck). Ce sont ces faits dont devra aussi tenir compte le MR lors de la comparution de son élu, le 16 novembre, en conseil de conciliation et d’arbitrage », lit-on dans Le Soir du 7 novembre). Il faut naturellement garder à l’esprit le principe de la présomption d’innocence (meme s’il est arrivé que certains en abusent), et même tenir compte éventuellement d’une déclaration récente comme quoi « une inculpation ne doit pas nécessairement conduire à une démission » – la difficulté ici, c’est qu’il n’y a pas pour l’heure d’instruction judiciaire pouvant mener à une éventuelle inculpation de De Decker.

Mais ici, le mélange des genres entre la défense d’un homme d’affaires, prévenu de blanchiment d’argent, de faux, d’usage de faux et d’association de malfaiteurs, et son avocat, ex-ministre, ex-Président du Sénat et mandaté pour obtenir, sous le couvert d’une loi fourre-tout, que son client obtienne une double nationalité et puisse s’acquitter d’une transaction éteignant ces poursuites, est particulièrement détonnant ; et une substance assez glauque a débordé du vase clos.

De Decker annonce 350 heures de travail pour des honoraires de 740.000 euros, soit plus de 2000 euros l’heure. On peut trouver que c’est beaucoup : mais si l’on est charitable, on peut y voir la démonstration par son propre bourgmestre qu’Uccle est l’une des communes les plus chères du pays.

Si l’on est moins charitable, en revanche…

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